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L'art religieux au XIIIe siècle



Introduction :
Les caractères généraux de l'iconographie du Moyen Age

 

Les codes

L'art constitue au XIIIe siècle un langage sacré que les artistes doivent maîtriser. Certains codes sont incontournables. Par exemple, on ne peut représenter pieds nus que le Christ, les Apôtres, Dieu et les anges (et en aucun cas la Vierge et les saints). D'autres codes servent à représenter le réel. Une tour avec une porte représentera toujours une ville, des lignes sinueuses et parallèles de l'eau (photo ci-contre)… Les scènes religieuses sont également codifiées. C'est le cas de la Cène, où Judas est toujours placé à l'écart.
La codification permet parfois de masquer l'insuffisance des artistes. La représentation de la divinité par un nimbe crucifère dispense d'inscrire cette divinité dans les traits du personnage. Mais le talent des artistes est le plus souvent suffisant pour que ces éléments restent des codes et ne deviennent pas des béquilles.

Baptême du Christ, Saint Julien du Mans, voussures du portail sud.

 

 

Les mathématiques

           Une grande importance est donnée aux mathématiques. L'orientation de l'église est primordiale et détermine parfois les choix iconographiques : on représente plus volontiers l'Ancien testament au Nord et le Nouveau au Sud (il existe de nombreuses exceptions). L'occident est souvent consacré au Jugement dernier, à cause du rapprochement établi entre les mots latins occidens (occident) et occidere (mourir). Certains emplacements sont plus nobles que d'autres : la droite du Christ est meilleur que sa gauche (cf. les places respectives de la Vierge et de Jean dans les Jugements derniers), le haut est meilleur que le bas (les statues des apôtres piétinent les rois qui les ont persécutés…). Comme le ciel et les anges, la sculpture est strictement hiérarchisée.
           La symétrie est utilisée pour exprimer des relations symboliques. On trouve ainsi à Chartres des vitraux représentant quatre prophètes portant sur leurs épaules quatre évangélistes. Le parallèle est ainsi établi, mais il se fait au profit des évangélistes, qui s'appuient sur les prophètes pour voir plus loin qu'eux.
           Les chiffres eux-mêmes ont une importance symbolique. On trouve des baptistères octogonaux car 8 est le chiffre de la vie nouvelle (à la huitième note, on obtient un nouvel octave, etc). 12 est, entre autres, le produit de la Trinité (3) multipliée par les vertus cardinales (4)…

Le symbolisme non numérique

Le symbolisme ne se limite pas aux nombres, il s'exprime aussi par des figures. Par exemple, à Chartres, Melsisédech apporte pain et vin à Abraham, ce qui renvoie au Christ partageant le pain et le vin pour les apôtres. Les quatre fleuves du paradis symbolisent les quatre évangélistes.

 

 


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