La Sainte-Chapelle
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Historique
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Saint Louis
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Chapelle Basse
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Chapelle Haute
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Aussi à Paris ...
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Cathédrale Notre-Dame
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L'église Saint Germain l'Auxerrois
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La chapelle haute
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Comme le portail de la chapelle basse celui de la chapelle
haute est abrité par un porche. Son tympan,
consacré au Jugement dernier,
mérite plus d'attention que celui de la chapelle basse. |
Il figure un Christ
en majesté entouré d'anges portant les instrument de la
Passion (la croix et les clous à droite ; la couronne d'épines
et la lance à gauche). |
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Au linteau,
on trouve la résurrection des morts appelés par les
olifants des anges. La scène
est coupée en deux par l'archange Saint
Michel pesant les âmes (noter le petit diable qui triche)
qui surplombe le Christ bénissant du trumeau.
A la base des arcs, on peut remarquer à droite une sympathique
représentation de l'enfer, composée de petits diablotins
entremêlés.
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De part et d'autre de la porte on trouve également
des bas reliefs représentant des scènes de la Genèse. |
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D'une élévation bien plus importante que
la chapelle basse, la chapelle haute semble être dotée
de murs de verre. Elle reprend les mêmes dispositions que la chapelle
basse (quatre travées
et un rond-point à
sept pans). Les colonnes et pans de murs qui séparent les quinze
baies (15,4 x 4,25 mètres chacune) de la verrière, composées
de 1113 pièces, sont réduits à leur strict minimum
et traduisent par leur extrême finesse une parfaite maîtrise
de l'art gothique. Pour consolider les murs, on utilise de la pierre
armée. De plus, deux ceinturages viennent assurer la stabilité
des verrières. Les 2/3 des vitraux datent du XIIIe siècle. |
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Légende de la verrière :
A : histoire des saintes reliques
B : livre des rois
C : Esther
D : Judith et Job
E : Jérémie et Tobie
F : les visions d'Ezéchiel
G : Saint Jean-Baptiste &
livre de Daniel
H : la Passion
I : Saint Jean l'Evangéliste & l'enfance du Christ
J : l'arbre de Jessé et Isaïe
K : livre des Juges
L : Deutéronome & Josué
M : livre des nombres
N : l'exode
O : la Genèse
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Chaque baie est composée de quatre lancettes
et surmontée de trois roses.
Celles du chur ne
comportent que deux lancettes. La baie consacrée à la
Passion occupe dans le
chur une position centrale et se trouve ainsi mise en valeur,
en face de l'entrée et de la rose.
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Certaines baies ont, au-delà du message religieux, une dimension
politique. C'est le cas des baies A, B, C. La A présente l'histoire
des Saintes reliques,
de la découverte de la Vraie croix par Sainte Hélène
à leur arrivée en France grâce à Louis
IX.
Le roi se place ainsi en possesseur des reliques et donc en digne
successeur des rois d'Israël. Ce rapprochement est encore souligné
par la juxtaposition de cette histoire avec des vitraux illustrant
le livre des rois (de Saül à Salomon, baie B). Dans la
verrière consacrée à Judith, les inscriptions
sont en français et non en latin. On peut y voir une volonté
de s'affirmer face au pouvoir de l'Eglise.
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Enfin, la baie C, située au-dessus de la niche
dans laquelle Blanche de Castille prenait place pour assister aux
offices, rapporte l'histoire d'Esther. Un parallèle est ainsi
établi entre Blanche, qui sauva le royaume de France pendant
la minorité de son fils et qui s'apprêtait à en
prendre la direction pendant la septième croisade, et Esther,
qui sauva son peuple d'un massacre par son intercession auprès
du roi perse Assuérus.
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On peut noter que la niche qui accueillait Blanche de
Castille, ornée de châteaux castillans sur fond rouge,
fait face à celle qui recevait son fils, décorée
de lys sur fond bleu. |
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Parmi les vitraux, on relève encore la grande rose
(9 mètres de diamètre) de style gothique
flamboyant datant du XVe siècle (même si une rose illustrant
le même thème existait déjà au XIIIe). Elle
comporte des teintes qu'on ne peut trouver dans des vitraux contemporains
de ceux de la verrière. Cette rose représente l'Apocalypse
dans six grands fuseaux convergeant vers un Christ
en majesté dans l'oculus. |
On trouve aussi dans la chapelle haute un ensemble sculpté
figurant les douze apôtres. En l'absence de place dans les ébrasements
du portail, ceux-ci ont
été exceptionnellement placés dans l'église.
Les statues sont fixées aux piles qui supportent la voûte.
La signification symbolique de cet emplacement n'est pas négligeable.
Les apôtres apparaissent ici comme les colonnes de l'Eglise,
métaphore utilisée par Saint Paul (Galates, 2,9) ou
encore comme les douze assises de la Jérusalem céleste,
en référence à l'Apocalypse.
Apôtre de style classique
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Chaque apôtre porte un disque dans lequel s'inscrit une croix
grecque : ils incarnent ainsi les douze onctions d'un rite de consécration.
Leurs pieds sont nus (pauvreté évangélique).
Ils portaient très certainement des insignes qui permettaient
de les identifier mais ceux-ci ont disparu. Ces statues ont, en effet,
connu des fortunes diverses.
Apôtre de style classique
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Des restaurations importantes ont été faites sur six
d'entre elles et deux ont été entièrement refaites,
car elles avaient été réduites en poussière
lors de la transformation de la chapelle haute en dépôt
d'archives. La polychromie masque les interventions effectuées
sur les statues. On observe deux styles de sculpture : un style classique,
que l'on trouve par exemple à Notre-Dame
de Paris et un style maniériste qui rappelle l'Ange au
sourire de Reims. Il est pourtant
probable que toutes les statues aient été conçues
à la même époque. Cette différence de style
n'a pas d'explication certaine.
Apôtre de style maniériste
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Le décor se compose également de médaillons
dans lesquels sont dessinés les martyrs (Saint Laurent, Saint
Sébastien, Saint Etienne...).
Dans les écoinçons,
des anges accueillent ces martyrs.
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On trouve aussi une présence angélique au-dessus
des niches réservées au roi et à la reine. Là,
les anges encadrent un Christ bénissant. Ces sculptures rappellent
que le roi est l'oint du Seigneur. |
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Les anges sont également très présents
autour de la châsse, construite à l'image de la chapelle. |
Le reste du décor mêle des motifs floraux
et des animaux, dans les peintures comme dans les chapiteaux.
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